



Journée d’étude sur « La qualification professionnelle des personnes handicapées : Regard croisés Aquitaine/Midi-Pyrénées et Perspectives » - 4 juillet 2007 - Artigues-près-Bordeaux.
L’accessibilité généralisée des personnes handicapées à l’ensemble des dispositifs de droit commun posée par la loi « Handicap » du 11 février 2005, se traduit en matière de formation professionnelle par l’obligation d’adapter les modalités de formation aux besoins liés au handicap.
Pourtant à ce jour, les difficultés d’accès des personnes handicapées à la qualification restent un constat majeur. En Aquitaine, afin de développer les entrées en formation de ces publics, le Conseil Régional et l’AGEFIPH ont souhaité unir leurs efforts en signant en décembre 2006 la convention de partenariat « Handicompétence ».
Outre l’augmentation des places disponibles aux travailleurs handicapés sur les actions du PRF, l’intensification des actions de professionnalisation des acteurs de l’insertion sur le thème du handicap et le développement de missions d’appui sur les départements, prévus dans le cadre de cette convention, le Conseil Régional et l’AGEFIPH ont confié au Schéma Régional pour la Formation des Personnes Handicapées (SRFPH) en collaboration avec l’AREPA, l’organisation d’une journée d’étude sur les pratiques régionales d’accès à qualification, permettant ainsi de donner la parole aux acteurs de terrain.
Les propos introductifs de Béatrice Desaigues - conseillère régionale - et d’Eric Dahlquist - délégué régional de l’AGEFIPH - ont permis de souligner l’importance de l’enjeu de la qualification des personnes handicapées pour leurs Institutions.
Puis, à partir du rapport intitulé « La formation qualifiante dans les parcours vers l’emploi des personnes handicapées en Midi Pyrénées » réalisé par O. Chabot pour le CREAI, 120 acteurs de l’insertion et de la formation professionnelle aquitains ont mené une réflexion autour des problématiques suivantes :
Au cours des débats, les difficultés rencontrées par les prescripteurs pour accompagner vers des formations de droit commun des publics dans des situations souvent complexes, fragilisés par la maladie ou dont le handicap demande des adaptations techniques et humaines difficiles à mettre en œuvre, ont été largement exprimées. Elles sont apparues comme autant de formes d’autocensure et de recherche de solutions d’évitement.
De leur coté, les organismes de formation ont exprimé combien leur volonté d’accueillir des personnes handicapées était freinée par la difficulté de prendre le temps de concevoir, d’imaginer des adaptations dans le cadre d’une commande publique perçue comme contraignante.
Toutefois, l’évocation de nombreuses expériences d’intégration positives et d’adaptations réussies grâce notamment à la mobilisation des équipes et d’une volonté d’y parvenir ont été largement porteuses d’espoir.
La restitution de ces échanges a permis à Messieurs Olivier Delage (Direction de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage Conseil Régional Aquitaine) et Eric Dahlquist (AGEFIPH) d’identifier des axes de progression pour notre région. (.../...)
La nécessité de maintenir une continuité d’accompagnement entre les prescripteurs et les professionnels de la formation, autour du projet de la personne handicapée, est apparue comme un gage de réussite participant d’une prise de conscience commune des enjeux fondamentaux de la qualification des personnes handicapées et de la volonté d’engager un dialogue de confiance autour de situations individuelles.
Par ailleurs, une réflexion approfondie, menée au niveau régional sur la constitution d’un pôle ressources permettant de lever les freins à l’individualisation des parcours de formation, devra être engagée, afin d’aller au-delà de la « norme » et rétablir l’égalité des droits d’accès à la formation au travers de la multiplicité des moyens d’y parvenir.
De plus, il semble important de diversifier et de coordonner l’offre globale de formation en tenant compte de l’ensemble des caractéristiques des publics handicapés afin de positionner ces personnes au plus prés des attentes des entreprises, elles aussi soumises à une obligation d’emploi des travailleurs handicapés.
Enfin, la conception d’une prestation permettant aux différents acteurs, d’anticiper et de préparer l’entrée des personnes handicapées en formation a été identifiée comme une solution opérationnelle à étudier.
En conclusion de cette journée, Claude Valentin Marie, Vice Président de la HALDE, a souligné qu’en matière de formation notamment, il est possible de parler de discrimination dès que l’égalité d’accès au droit d’une personne n’est plus garantie. La lutte contre les discriminations est ainsi l’affaire de tous, du niveau individuel au niveau institutionnel, une évolution des mentalités doit s’opérer afin de permettre à tous travailleurs handicapés d’accéder à la qualification professionnelle en dépit de leurs différences, à l’instar de tous citoyens.
Naïma Charaï, conseillère régionale en charge de la lutte contre les discriminations a clôturé cette journée de travail en rappelant l’importance pour le Conseil Régional d’Aquitaine, de la lutte contre toutes les formes de discrimination.



