Atteint de surdité à une oreille, J. ne met que rarement son appareil et compense car dit-il : « Je fais en sorte de ne pas être différent des autres ». Il nous raconte ainsi que, bloqué par cette peur de la différence, il était très gêné, au départ, de sortir de la classe pour venir suivre ses 6 heures individuelles avec la référente handicap du CFM. Mais il reconnaît en avoir besoin, notamment, en enseignement général : « J’ai toujours voulu rentrer dans le monde du travail le plus vite possible, car je n’aime pas trop l’école.
Sur le plan scolaire, avant d’arriver ici, j’avais baissé les bras, mais maintenant je me rends compte que ce n’est pas si difficile que ça ». J. suit son apprentissage dans une petite carrosserie à Casteljaloux et a, au cours de cette deuxième année, changé de maître d’apprentissage. Avec regret au départ, car il y avait des relations amicales avec son ancien tuteur. Mais, aujourd’hui, il apprécie d’apprendre différemment.
Sur le plan plus personnel, J., réservé, concède qu’il a beaucoup changé depuis qu’il est au CFM : « Avant, j’avais peur des autres. Je ne sortais jamais et restais tout le temps chez moi. Au départ, ici, je traversais la cours la tête baissée et en classe, c’était pareil. Le CFM m’a permis de découvrir pas mal de choses, de me découvrir, de m’ouvrir aux autres et de moins me replier sur moi-même ».
Outre l’équipe du CFM, son éducatrice, qui le suit depuis la classe de 4ème, et un psychologue de l’INJS (Institut des jeunes sourds) de Gradignan l’aident aussi beaucoup dans son ouverture au monde. S’il reconnaît volontiers qu’il a eu du mal au début, il ne regrette pas du tout son entrée au CFM : « J’ai même hâte de revenir à l’internat. C’est surtout moi qui me faisait des idées ».