L’équipe du SRFPH intervient au quotidien dans les organismes de formation, CFA et structures d’accueil aquitains, pour favoriser l’accès à la qualification des personnes handicapées dans les formations de droit commun.
Lutter contre les représentations, lever les obstacles d’accès à la formation, développer les compétences des acteurs de l’insertion et de la formation sur le handicap, constituent les missions premières du SRFPH.
Les rencontres multiples avec l’ensemble de ces professionnels permettent de recueillir leurs paroles, ainsi que celles de personnes en situation de handicap, qui veulent bien témoigner de leurs expériences pour accéder à une qualification, ou pour mettre en place les conditions de formation les plus adaptées à telle ou telle situation de handicap.
Nous souhaitons dans cette rubrique ouvrir une fenêtre régulière à ces paroles, dont l’écoute permet peu à peu d’asseoir la place des personnes handicapées dans les dispositifs de formation de droit commun.
Nous les remercions d’avoir osé, osé dire, osé se raconter...
Aujourd’hui nous donnons la parole à Florence. Notre ambition n’est pas ici de retracer en totalité son chemin, mais de restituer fidèlement le ressenti qu’elle nous a confié, il y a déjà quelques mois.

Florence,
Formation "Technicienne d’Etudes en Bâtiment" - FCMB 33
"Inapte. Il m’a fallu plusieurs jours pour accepter ce mot (...) Le départ a été rude, mais c’est en bonne voie"
Un accident de travail précipite Florence, âgée de 42 ans, en arrêt maladie deux ans et demi durant. Désorientée, « on ne sait pas quoi faire, où aller » déclare-t-elle, les services de l’ANPE la dirigent vers l’organisme de formation ORFIE, qui l’accompagne dans toutes ses démarches. Alors que le projet de devenir monitrice d’auto-école se concrétisait, Florence est déclarée inapte suite à la visite médicale. « J’y croyais, j’y ai cru jusqu’au bout et en cinq minutes tout s’est effondré [...] Il faut déjà accepter ce mot inapte. On se dit inapte à quoi ? Ca fait mal à entendre et il m’a fallu plusieurs jours pour accepter ce mot ».
Résolue à ne pas se décourager, elle ambitionne un nouveau projet, celui de préparer le titre de Technicienne de bureau d’étude. Plus tard, Florence intègre alors la Fédération Compagnonique des Métiers du Bâtiment (FCMB). « Quand j’ai reçu le courrier du centre de formation, me précisant que ma candidature était retenue ce fut une délivrance [...] C’est le premier pas vers la réorientation professionnelle avec au bout un métier, un emploi et reprendre une vie normale. »
Etroitement suivie par la référente handicap au sein de la FCMB, ensemble elles définissent les besoins d’adaptation. « Par exemple, j’ai besoin de faire des pauses pour reposer mon bras, c’est très bien accepté et compris par les formateurs » précise Florence.
Elle a trouvé une équipe à son écoute « ici on nous donne les moyens au niveau des outils et au niveau humain. Il y a quelqu’un pour apporter une aide supplémentaire ».
Un premier échec suivi d’un espoir « le départ a été rude, mais c’est en bonne voie. » poursuit-elle.
Volontaire, Florence cherche un bureau d’études et ambitionne de "redevenir active pour avoir un avenir plus agréable et surtout ne plus voir ce mot inapte. Quelque part ça a été dur d’entendre ce mot et de le voir écrit sur un dossier. C’est un petit mot qui est très fort [...]. Aujourd’hui c’est bien ».
Pour Florence, la formation préfigure le "premier pas vers la réorientation professionnelle avec au bout un métier, un emploi et ...une vie normale".
L’avenir s’annonce meilleur. En décembre 2009, Florence a obtenu son diplôme de "Technicienne d’Etudes en Bâtiment"