A la demande des trois coordinateurs de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, l’Agefiph, le FIPHFP et L’ADAPT, Tns-Sofres a conduit une étude auprès de 30 personnes ayant bénéficié de formations cofinancées par l’Agefiph et le FIPHFP ou de formations dispensées dans les centres de rééducation professionnelle (CRP) de l’ADAPT.
Un objectif : Identifier les mécanismes susceptibles d’activer ou de freiner la réussite des formations et l’accès à l’emploi des personnes handicapées, des mécanismes les plus concrets (orientation professionnelle, contenus des formations, accompagnement), aux plus généraux (économique, social, psychologique, familial...)
Partie 1 : Synthèse de quatre études réalisées à la demande de l’Agefiph entre 2008 et 2010. Au-delà de l’utilité de la formation, de la motivation du bénéficiaire ou de la situation du marché de l’emploi, un certain nombre de facteurs sociaux ou environnementaux influent sur les parcours de formation et les chances de retrouver un emploi à leur issue.
Partie 2 : Etude s’appuyant sur 30 entretiens individuels réalisés auprès d’un échantillon représentatif de personnes handicapées ayant suivi une formation dans les 18 derniers mois à travers les réseaux de L’ADAPT ou de l’Agefiph.
Au regard de l’ensemble des publics ces personnes sont :
- plus âgées (38% des personnes handicapées en recherche d’emploi ont plus de 50 ans, 28% dans l’ensemble de la population),
- moins qualifiées (79% ont un niveau inférieur au bac, 59% chez l’ensemble des demandeurs d’emploi)
- et plus longtemps au chômage (53% sont chômeurs de longue durée, supérieure à 1 an et 37% pour l’ensemble des demandeurs d’emploi).
L’effet cumul du handicap :
- Des ressources souvent peu élevées,
- Passé 45 ans, l’âge est le critère le plus discriminant selon les interviewés
La formation, une participation à la vie active :
- La formation est vécue comme un vecteur d’intégration sociale en permettant de renouer avec une structure qui encadre, redonne un rythme et une confiance en soi souvent perdue à travers le handicap.
- La formation matérialise un projet personnel et les motivations sont disparates : sortir d’une précarité financière, poursuivre ses études, préparer un projet professionnel, reprendre une formation pour trouver un emploi compatible avec son handicap, etc.
Des formations unanimement appréciées :
- Les acquis de la formation sont jugés utiles dans leur emploi par 61% (Etude TNS Sofres),
- Pour 77%, la formation reçue est utile dans le cadre de la recherche d’emploi (Etude Pluricité),
- 55% de ceux qui ont trouvé un emploi pensent que la formation a contribué à leur accès à l’emploi (Etude TNS Sofres).
L’importance d’un projet professionnel construit :
- Ceux qui ont réussi à construire un projet professionnel clair sont ceux qui s’insèrent le mieux dans le monde du travail.
- Pour ceux qui n’ont pas de projet, l’accès à l’emploi est plus malaisé et ils attendent davantage de prise en charge de la part des institutions.
- Pour ceux qui ont le sentiment de subir leur orientation plus que qu’ils n’en ont été acteurs, le retour à l’emploi est plus difficile.
La nécessité d’un accompagnement en amont et en aval :
- Pour cibler les objectifs des bénéficiaires (qui ne cherchent pas tous à se réinsérer immédiatement dans l’emploi)
- Pour évaluer en amont les chances de retour à l’emploi, notamment selon la vigueur du marché de l’emploi, les besoins des employeurs et les contraintes du handicap.
Le principal frein est le cumul des désavantages (âge et milieu socio-professionnel) et les principaux leviers de réussite sont l’existence d’un projet professionnel clairement défini et l’accompagnement en amont et en aval.