"L’un des plus importants obstacles qui se dresse sur la route d’une personne en situation de handicap, ce n’est justement pas son handicap, mais la perception que cette personne et celles qui l’entourent peuvent en avoir", expliquait Lionel Hoffmann en 2005, alors qu’il était vice-président d’Handisup Nantes.
Fruit d’un partenariat institutionnel entre l’Etat, la Région Aquitaine et l’Agefiph, le SRFPH se mobilise depuis 1998 pour favoriser l’accès à la qualification des personnes handicapées dans les dispositifs de formation de droit commun. Dans le cadre de sa mission, Béatrice SERRAJ - coordinatrice - organise chaque année par département, une session de « Sensibilisation à l’accueil des personnes handicapées ». Formation adressée aux référents handicap des organismes adhérents au SRFPH.
Au cours de ces trois journées, institutions, prescripteurs, prestataires spécialisés, associations, organismes de formation, CFA, Missions Locales et Pôle Emploi se côtoient. C’est l’occasion d’associer les compétences des acteurs de l’insertion à celles des professionnels de la formation et de réfléchir à leur articulation.
« C’est utile, enrichissant, beaucoup d’informations, pas toutes utiles pour notre structure, mais intéressantes à appréhender ! » ont déjà exprimé de concert les participants.
La session débute par ... une incursion historique. Du texte de référence sur la prise en charge du handicap (loi de 1975), à la définition légale dans le droit français (loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances), en passant par l’origine anglo-saxonne du terme « handicap », l’animatrice amène les participants à réfléchir sur leurs propres représentations.
En effet, une étude réalisée en 2010 sur "Les stéréotypes sur les personnes handicapées" par Goodwill Management pour IMS-Entreprendre pour la Cité, montre que « nous sommes tous conditionnés par la perception que nous avons d’un groupe de personnes à travers des stéréotypes et la représentation sociale que nous avons sur ce groupe.(...) La méconnaissance du handicap engendre de l’anxiété et conduit à recourir aux stéréotypes. Ces derniers souvent négatifs, alimentent les attitudes discriminantes ».
Au cœur de l’intervention est abordé le principe de non-discrimination. Il ne s’agit pas de « favoriser le public handicapé, mais bien de rétablir un égal accès au droit à la formation (...) en organisant les conditions nécessaires pour que la personne handicapée puisse suivre une formation au même titre que tout autre stagiaire ».
Le nombre total des personnes handicapées est mal connu. On note tout de même une évolution culturelle quant à l’appartenance des personnes handicapées à la communauté sociale. Cependant, malgré les contraintes légales et les mesures incitatives financées par l’Agefiph, l’intégration professionnelle des personnes handicapées reste insuffisante.
Parce que les préjugés ont la vie dure, parce que changer les mentalités se fait par petites touches.
Face à leurs inquiétudes autour des dangers de la stigmatisation, de la déconsidération, de l’exclusion, d’aucuns, voire la majorité des « référents handicap » se sent démunie face à un public qu’il méconnaît. « Certaines personnes masquent, d’autres ne veulent pas reconnaître, sont affaiblies, ont peur du regard des autres... ».
Les référents s’expriment. Ils expriment leur besoin de repérer les diverses formes de handicap visibles ou invisibles.. Repérer pour identifier les besoins spécifiques liés au handicap,
La participation de la personne dans la mise en place de son projet reste essentielle. « Rien ne se décide sans elle. Son rôle est prépondérant » précise ARI INSERTION, prestataire spécialisé dans le handicap psychique
« On ne tourne pas le dos, on ne parle pas plus fort ; cela ne sert à rien. Evitons les malentendus et maladresses. (...) Sachons communiquer » insiste à son tour le SPPS IRSA, prestataire dans le handicap auditif.
Le GIHP quant à lui, définit le handicap visuel. Il met les participants en situation à l’aide de lunettes représentant quelques types de déficiences visuelles pour bien illustrer que toutes les affections ne sont pas identiques.
Eclairage, astuces simples mais primordiales...riche de rencontres et d’interactions, le troisième volet de la formation donne du souffle aux référents. Désormais, « personne ressource » et garant de la qualité d’accompagnement des personnes handicapées au sein de son organisme de formation, le référent handicap sait qu’il peut recourir aux prestataires spécialisés.
A partir d’exemples concrets et de bonnes pratiques, les participants mettent en scène une situation, un problème à résoudre, et bien sûr des solutions.
Ces journées sont l’occasion de présenter les différents outils (ETAPE / RECAP) développés dans le cadre du SRFPH, pour faciliter la mise en place de la compensation du handicap en formation. Des exemples concrets d’aménagements en formation sont décrits. « Aménagements raisonnables » au cœur de l’application du droit à compensation promu par la « Loi handicap ». La compensation va au-delà de la rampe d’accès et concerne les adaptations de rythme, d’outils pédagogiques...
De plus en plus d’organismes de formation aquitains répondent à leur nouvelle obligation légale de rendre les formations accessibles à tous. Ils accueillent des stagiaires handicapés dans leurs formations de droit commun, conformément à l’article D5211-1 et suivants du Code du travail. Aujourd’hui 172 organismes de formation et 45 CFA adhèrent au SRFPH.
Au terme de ces trois journées, l’équipe du SRFPH reste à la disposition des organismes de formation partenaires et des professionnels de l’insertion.
Soulignons enfin que l’environnement pour la personne handicapée ne doit pas - à son tour - handicaper la personne valide.